Motrice type "1200" ex-Marseille

Un siècle d'existance !Cette motrice de tramway témoigne d'une longue page d'Histoire écrite par ce moyen de transport sur le réseau de Marseille. Elle est issue d'une série de 21 motrices à boggies (numérotées 1251 à 1271) reconstruites entre 1944 et 1950. La rénovation portait sur les éléments suivants :
- tôlage de la caisse
- suppression du lanterneau
- allongement des plates-formes
- compartiment unique sans parois de séparation
- poste de conduite isolé par vantaux mobiles
- commande pneumatique des portes
- marchepieds relevables verticalement (jusqu'à la 1265)
A l'origine, ces engins sont issues de la transformation des séries "C" construites en 1905. Après la reconstruction du prototype numéroté 1200, la série (1201 à 1231) est refaite dans la quasi-totalité de ses structures. (toiture, chassis, équipement électrique et moteurs, freins à air Westinghouse).
Cette version donna une telle satisfaction que le Réseau passa commandes de 12 motrices neuves identiques aux Etablissements Couder (n°1232 à 1243).
Ce parc de 44 motrices circula jusqu'en 1960 sur les lignes de banlieue de Marseille
La série de 21 unités circulait avec des remorques ASL ex-TCRP (Paris) transformées elles aussi en 1942. Les 1251 à 1255 ont été démolies en 1961.
Les 1256 à 1271 ont été désaccouplées en 1960 et utilisées sur la ligne 68 jusqu'à l'arrivée des PCC. Démolies en 1969, seules les 1258 - 1265 - 1267 et 1268 ont survécu.
L'arrivée de la motrice à l'association: La motrice série 1200 ex R.A.T.V.M. n° 1267 est la prmeière pièce arrivée dans la collection (et à l'origine d el'association), réceptionnée à Grasse en 1976. Ce tramway a été repeint au dépôt de Drap en 1982 aux anciennes couleurs de l'époque T.N.L. (vert et crème) et il devint enfin "un vrai faux niçois", rappelant dans une configuration très approximative la série des motrices 200 T.N.L. (série 200 à 216). Ce sont les raisons pour lesquelles nous avons attribué le numéro 217 à notre "vedette". Mais la seule peinture ne lui rendait pas une allure correcte. Une équipe des TCA s'est attaquée aux structures supérieures du véhicule au début de l'année 2004.
Le pilote maître d'œuvre des travaux s'appelle Denis Moussiegt, notre trésorier, modestement assisté par notre Président Fondateur. Ponctuellement, pour de courtes participations, sont venus en renfort Jean-Louis Gimello et Bruno Ferlat.

En effet, lorsque fut réceptionné ce tramway, une partie des superstructures en bois du pavillon n'existaient plus. Dans ses dernières années de service à Marseille, la 1267 circulait équipée sur une partie de toiture d'un pantographe unijambiste et de l'autre d'une perche à frotteur fixée au plus bas du toit, passage dans le tunnel de Noailles de la ligne 68 oblige. Le panto avait été démonté, ne subsistaient que les bases des ferrures.

Heureusement, grâce à notre ami et Vice-Président fondateur, nous disposions d'un plan détaillé, aux côtes d'origine, de ces motrices, configuration 1942, le réseau étant encore géré par la C.G.F.T. (Compagnie Générale Française de Tramways). Ce plan, au papier jauni par les ans, porte encore une note au crayon rouge "pont de perches - modèle 1942 - scierie". Il était donc destiné, à l'époque, au fournisseur.
Denis Moussiegt a d'abord reconstitué tous les éléments en bois disparus, respectant scrupuleusement formes et dimensions. Ceci étant réalisé, de longues journées furent nécessaires pour placer ces équipements en position d'origine au millimètre près. Il y a eu de nombreux trous de fixation à percer dans la position difficile d'un pavillon bombé ! Une fois l'opération achevée, vint le moment de hisser sur le toit les pivots, embases, ressorts de porte-perches. Ces pièces avaient subi au préalable un nettoyage approprié, grattage des dépôts et aspérités, peinture de protection, etc… Elles sont assez lourdes et nous ne disposons d'aucun palan ni monte-charge. L'ingéniosité de Denis et l'effort conjugué des bras présents permirent cette concrétisation.
L'assemblage terminé, la 1267 a retrouvé son aspect de 1942, à savoir deux perches, fixées sur leurs assises en bois. Des cordes neuves complètent la physionomie générale. Sont encore en cours de réalisation la peinture des éléments et du pavillon. Nous sommes à des années lumières des réalisations effectuées par nos amis de l'AMITRAM à Marquette lez Lille, grands maîtres en rénovation, reconstitutions en France. A notre humble niveau, ce résultat est tout de même une source de satisfaction et répond aux attentes maintes fois exprimées par Roland Martin de redonner son aspect initial à la 1267.
 Caractéristiques
Effectif / Date : 31 (en 1906) - 21 (en 1942)
Constructeur: Atelier des Chartreux / CODER
Places totales : 58 (28 assises + 30 debout)
Pavillon à dôme - vitres coulissantes
2 Boggies à roues égales
Portes : commande pneumatique
Longueur : 12,55 m - Largeur : 2,00 m
Hauteur : 3,43 m - Empatement : 5,30 m
Moteurs : TH553 - 4x42CV = 168 CV
Poids à Vide : 17.250 kg
Poids en Charge : 21.750 kg
Freins : à air double et à vis